3 mois

Olive est né le 14 mars 2018 à 00h22. Je m’étais fixée, à partir de cette date, une limite de 3 mois, le fameux 4ème trimestre de grossesse pour mettre ma vie (ce que j’imaginais) entre parenthèse et materner* mon fils autant que possible. Quelles leçons en ai-je tiré ?

Être présente pour mon fils ne s’est pas révélé si compliqué que ça et j’ai réussi à garder une vie sociale et affective. Pourtant, j’ai déjà bien trop entendu cette phrase : « Laisse le pleurer. Il faut qu’il apprenne que tu ne seras pas tout le temps là » ; et cela même de la bouche de professionnels de santé.

Je serai toujours là pour mon enfant et je vais vous expliquer pourquoi :

8 mois in utero

Et d’un coup, il découvre un autre monde, où tout lui est étranger. Il faut vraiment réussir à se projeter à travers les yeux de son enfant : le moindre son, le moindre toucher, tout est nouveau et à appréhender. Tout est donc potentiellement source d’inquiétude. C’est pour ça que notre présence est importante.

Quand je le porte, mon fils se sent soutenu, bercé par le rythme de mon coeur. Quand je lui parle, il entend ma voix qui lui a parlé pendant 8 mois. Ce sont des repères rassurants pour découvrir le monde. Bien qu’étant la figure d’attachement principale pour rassurer, mon mari en s’impliquant dès la naissance fait une figure d’attachement secondaire merveilleuse. Olive adore s’endormir dans les bras de son père, prendre les bains avec lui, avoir de longues conversations. Tous ces moments sont précieux et créent un lien unique entre eux. Il comprend petit à petit que son père est présent, rassurant et le sera toujours.

Nous avons désiré cet enfant

Voici la définition du désir selon Larousse : « action de désirer, d’aspirer à avoir, à obtenir, à faire quelque chose ; envie, souhait. » Selon moi, le vocabulaire révèle bien à quel point c’est égoïste de vouloir un enfant. Vouloir, encore un mot qui m’interpelle.

Mon fils n’a pas demandé à venir au monde. C’est donc mon devoir de l’accompagner dans la vie, de lui faire découvrir le plus sereinement possible. Je trouve la vie assez dure comme ça en tant qu’adulte à devoir faire des choix « conscients » alors non, je ne vais pas laisser pleurer mon fils seul dans un monde sans repères.

Il pleure(ra) déjà bien assez…

Car il y a des moments où l’on est impuissants, où l’on ne le comprends pas forcément. On est présents à ses côtés mais on ne trouve pas forcément comment le rassurer. Car il y a des moments où je suis seule et je n’ai personne à qui passer le relais donc je le laisse pleurer 3/4 minutes parce que j’ai mal / je dois manger / me laver / toutes les occupations de la vie quotidienne.Et il y aura plein d’autres choses qui le feront pleurer dans la vie alors autant éviter autant que je peux et répondre à ses besoins.

Car oui, j’ai envie de construire une relation de confiance avec mon fils, qu’il sache qu’il peut toujours compter sur nous malgré les soucis. J’estime que, c’est en l’accompagnant suffisamment qu’il pourra devenir indépendant sans trop de craintes car il saura qu’au moindre problème ses parents seront là pour l’écouter et l’aider.

…et ce n’est pas bon pour la santé.

« Quand un bébé pleure sans être consolé par ses parents, (…) son corps est inondé d’hormones de stress. Sur la durée, cela peut endommager son système nerveux central. Sa croissance et son potentiel d’apprentissage peuvent également s’en ressentir.« 

Il ne s’agit donc pas de faire taire son enfant, ou de l’empêcher de s’exprimer comme je l’entends parfois. Il s’agit plutôt d’apporter une réponse à son enfant car justement il s’exprime. Le laisser pleurer pourrait lui faire croire que je n’apporte pas d’importance à ce qu’il a à dire. Quand je peux répondre à ses besoins (couches, tétées, etc.), tant mieux. Quand c’est un besoin de présence, souvent une parole ou un bisou nous permettent de continuer la nuit ou la balade en poussette. Et quand on ne sait pas ce qu’il passe, au moins, il sait qu’on est présents pour lui. Et à force, on comprend mieux ce qui lui arrive. Oui on a mis 1 mois et 3 grosses crises de larmes pour comprendre qu’il commençait à faire ses dents !

Aucun parent n’est parfait. L’essentiel c’est de faire au mieux. Parfois quand je n’y arrive pas, je lui explique ; quand je m’énerve, je m’excuse. Généralement, je me ressaisis vite car honnêtement, la vie est beaucoup plus douce quand nous sommes à son écoute. Par exemple, en cas de crise, deux heures  en peau à peau me permettent après de pouvoir le poser sereinement sur son tapis pour pouvoir vaquer à diverses activités.

 

J’espère que cet article vous parlera. Si ce n’est pas le cas, je serai ravie d’échanger avec vous en commentaires. N’hésitez pas, dans tous les cas, à partager vos plus belles expériences parentales ♥

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*Un article sur le sexisme du vocabulaire lié à la parentalité est en cours de préparation.

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